Ecrits et alors quoi ?

Ecrits et éducation populaire, et alors quoi ?

Les écrits sont présents partout et en toute action du Réseau des Crefad et des associations membres. Mais pas seulement pour le Réseau. Les écrits sont à la fois ultra-présents dans nos vies quotidiennes et peu travaillés (chacun étant renvoyé à ses aptitudes personnelles, sa culture, sa personnalité). Les écrits (notre rapport à, leurs usages…) sont des marqueurs sociaux mais constituent aussi un levier vers l’autonomie de pensée et d’action. Le Réseau des Crefad a lancé pour se questionner et s’outiller un groupe de travail thématique (groupe écrits) qui a donc trait aux domaines de la lecture et de l’écriture dans une approche plurielle tant dans les actions envisagées que son organisation.

Sur cette page, le groupe écrits versera au fil de l’eau des productions tirées de ses actions.


En quoi les écrits concernent le Réseau des Crefad et réciproquement ?

Le groupe écrits a produit un texte réflexif mêlant constats, analyses, intentions et actions autour de l’écrit dans notre société.

Extrait :

Pourquoi agir par, pour, avec des écrits relève-t-il de notre responsabilité ?

– parce que nous sommes inscrits dans une visée éducative,
– parce que nous trouvons trop peu d’espaces où cela est traité,
– parce que des échos d’autres personnes viennent faire résonner nos constats (ex. des banquiers qui remplissent les déclarations d’impôts de leurs clients déboussolés par les formats numériques, des démarches sans fin parce que « les logiciels ne le permettent pas », des conseillers Pôle emploi qui évoquent la fracture numérique au sein de leurs équipes et parmi les rangs des chômeurs qui les visitent…). Cela nous indique que notre question n’est pas que la nôtre. Elle est suffisamment puissante, agissante, irritante, pour mériter du temps, de l’attention et des propositions.

Par notre histoire, nos initiatives, nos appétits et nos constats, nous avons déjà porté
et mis en place des initiatives variées qui permettent à des adultes de modifier leur rapport à l’écrit :

  • des animations : des arpentages (lectures collectives), des ateliers d’écriture, des orchestres de lecteurs, des cafés littéraires, des cafés lecture…
  • des formations : lire à voix haute, lire efficacement, prendre des notes, animer un atelier d’écriture, animer un arpentage, écrire un dossier de subvention, lecture et trajectoire sociale…
  • des recherche-action : séminaire itinérant acteurs sociaux (apprentissage de la recherche en sciences humaines par des acteurs sociaux), étude-action pour des centres sociaux, des collectivités territoriales, des réseaux associatifs, des services d’Etat…
  • des espaces de valorisation écrite : Cleps (comité lecture écriture publications sauvages), la revue Efadine, les livres Crefad documents, la publication Murmures
  • l’accompagnement d’acteurs publics et de collectivités dans leur évolution et adaptation aux changements

L’intégralité du texte est à retrouver dans le fichier pdf ci-joint.


Un travail d’enquête a été conduit par le Kerfad pour le Salon de la Presse et de la Littérature de Jeunesse (SLPJ) de Montreuil. L’enquête a été intitulée « Mais que se passe-t-il autour du livre jeunesse en centre de loisirs ? » Le SLPJ avec le soutien du Ministère de la Culture souhaitait interroger ce qu’il se passait (plutôt que de considérer qu’il ne se passe rien) avec les écrits (et notamment les livres) dans les centres de loisirs qui accueillent après la classe ou pendant les vacances scolaires quelques millions d’enfants depuis plusieurs décennies.

Le rapport d’enquête est disponible dans le fichier ci-joint.

Nous pouvons ici relevés de cette enquête quelques impensés autour des écrits :

– La distinction entre livre, lecture et littérature est loin d’être évidente et encore moins partagée. « Je ne lis pas », en réalité « je ne lis pas de livre » ou « je ne lis pas de roman » ?

– L’habitude majeure de considérer la lecture comme un geste fondamental (pour s’inscrire dans la société, se cultiver, se distraire, s’orienter, se déplacer, apprendre, communiquer, évoluer, etc.) sans jamais expliquer pourquoi et comment ce geste est ou devient fondamental. La lecture est une évidence et un mystère.

– Cette habitude participe d’inscrire spontanément « la lecture » des adultes dans la sphère privée voire intime ou d’orienter supposément celle des enfants sur le plaisir alors même que les attendus et contraintes y sont nombreux.

– Les individus alternent aujourd’hui supports papier et supports numériques, et mobilisent différents registres, usages dans leurs pratiques de lecture et d’écriture, sans que ces évolutions soient identifiées et prises en compte sans injonction alternative et exclusive.

Ces impensés ont pour conséquence la difficulté de rendre visibles et donner sens à des initiatives ou pratiques : difficile de regarder ce que l’on ne questionne pas ou ce que l’on a du mal à nommer.